Danseurs médiévaux

Les membres de la troupe ont également animé les rues du village avec leurs danses médiévales.

La Bayardine a revisité en six actes la Passion du Christ. Découverte dans les rues du bourg médiéval.

Un dernier son de corne rameute les spectateurs au coeur du village médiéval. Il est 19 h 30. Les dernières lumières du jour éclairent la place Stella de Saillon et les comédiens de la Bayardine. De doux accords de harpe, une voix mélodieuse, des oiseaux qui sifflent: la représentation du Mystère de la Passion commence.
 » Nous nous sommes laissé convaincre par le vicaire, qui a proposé que nous jouions cette partie de la vie du Christ « , raconte Stéphane Roduit, président de la troupe médiévale.  » Nous avons un peu hésité, mais nous l’avons pris comme un défi. On y est allés, mais avec un brin d’appréhension. Nous avons déjà joué quatre fois la Nativité, à une période – Noël – où il y a une tradition des manifestations à l’extérieur, comme le marché, et durant laquelle les gens sortent. Là, on tente le coup de la période de Pâques, entre-deux saisons, où il n’y a rien de véritablement connu.  » Des interrogations qui ont rapidement été écartées lors de la première des trois représentations du week-end, vendredi soir, qui a attiré presque nonante personnes.

Procession médiévale

Pendant une petite heure, le public a suivi les comédiens en six points du vieux village, pour autant de sainettes. L’histoire des derniers instants du Christ, telle que tout le monde la connaît, à quelques détails près.
En effet, le choix s’est porté sur le texte d’Arnould Gréban,  » un des piliers de la culture médiévale « , déjà connu par les acteurs, qui l’ont présenté en entier lors d’une précédente édition des Fêtes médiévales.  » Mais nous avions peu illustré la partie sur la Crucifixion . » La cinquième partie, jouée sur le parvis de l’église, présente une scène peu fidèle à la tradition biblique. Plusieurs démons – cracheurs de feux et jongleurs de torches – en appellent à la mise à mort de Jésus.  » Les auteurs de l’époque (XVe siècle) adoraient ces figures « , explique Stéphane Roduit.  » Il y en avait généralement cinq ou six, pour donner un effet de masse et surtout faire peur. Les mystères avaient pour but de rejouer la Bible, mais les auteurs interprétaient les non-dits. C’est d’ailleurs ce qui a causé la mort de ce genre, car à l’origine, ils étaient joués dans les églises.  »
Pour accompagner le public sur les quelques mètres qui séparent chaque scène, chanteurs et musiciens entonnent des chants extraits d’un manuscrit du XIIIe siècle, issu de la piété franciscaine: le « Laudario di Corto na », dont la compagnie avait déjà interprété les laudes à la Vierge le 9 juin dernier, à 5 heures du matin dans l’église du village. Cette fois, ils ont entonné celles relatives à la mort du Christ.  » Il y avait la volonté de faire sortir les chants des églises et du latin. Ces airs étaient faits pour être retenus par le peuple. Mais même si les textes sont écrits en langue profane, leur contenu trahit leur origine cléricale.  »

D’un projet à l’autre

 » Trois heures, la messe est dite, le rideau du temple s’est fendu en deux, l’obscurité a recouvert le ciel « , annonce le narrateur lors de la dernière scène, à l’intérieur de l’église. Le spectacle se conclut par la résurrection du Christ. Hier soir, cette scène a mis un point final à plusieurs mois de travail engagé cet automne. Demain, il faudra se remettre au travail et préparer le spectacle racontant l’épopée du Comte vert, qui sera présenté lors des prochaines Fêtes médiévales, du 9 au 13 septembre 2015.

Un très grand merci au Nouvelliste pour son article!

Par BERTRAND GIRARD (TEXTE) LOUIS DASSELBORNE (PHOTOS)
Le Nouvelliste 14.04.2014

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